Le malaise s’installe autour de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA). Des assurés, retraités, anciens policiers et représentants syndicaux ont dénoncé, ce jeudi 1er octobre, les retards dans le versement des prestations et ce qu’ils considèrent comme une menace sur les droits des travailleurs.
À l’initiative de l’Action des Unités Motivées pour une Haïti de droit (AUMOHD), les participants ont vivement critiqué la situation de retraités qui attendraient depuis plusieurs années leurs prestations. Certains anciens policiers affirment patienter depuis plus de cinq ans. Une situation qualifiée de « retraite de la mort » par Garry Jean Baptiste Coordinateur du Syndicat de la police nationale d’Haïti (SPNH17).
La loi du 28 août 1967 est au centre de la polémique. Me Evel Fanfan estime qu’elle ne peut être modifiée par simple arrêté. Les contestataires dénoncent notamment des changements qui, selon eux, feraient passer l’âge de la retraite de 55 à 63 ans et la durée de cotisation de 240 à 360 mois, avec une baisse du taux de pension de 60 % à 30 %.
La gestion financière de l’ONA est également sous le feu des critiques. Me Fanfan avance plusieurs chiffres concernant des rémunérations, allocations et dépenses qu’il juge excessives, notamment au bénéfice du chef de cabinet Guichard Doré. Il évoque aussi l’achat présumé de véhicules blindés pour quelque 24 millions de gourdes.
L’AUMOHD réclame désormais des explications et surtout le respect des droits des assurés. Pour l’organisation, les difficultés financières de l’ONA ne doivent pas être réglées au détriment de travailleurs ayant cotisé pendant des années. La mobilisation promet de se poursuivre si les contestations restent sans réponse.